GESTION DES FONDS DE LA MAIRIE DE DAKAR: PAPE DIOP LAISSE UN «TROU» DE PLUS DE 10 MILLIARDS

Publié le par Actions Concrètes ak Khalifa SALL

Khalifa Sall, nouveau maire de Dakar, est en train de procéder à l’inventaire des engagements de la Ville de Dakar. Le nouvel homme fort de la capitale fouine ainsi dans la comptabilité de son prédécesseur, Pape Diop. Et c’est pour constater, à mi-parcours de cette évaluation, que ce dernier lui a laissé une ardoise lourde au moins de 10 milliards de francs Cfa qu’il devra honorer, selon des sources dignes de foi.

Le nouveau maire de Dakar, qui veut démarrer son mandat dans la transparence, a demandé qu’on lui fasse l’état de la gestion financière de la mairie. Une entreprise à laquelle il participe eu égard à ses connaissances en comptabilité. Et nos sources de confier que le groupe, chargé de faire l’inventaire de la gestion du budget de 2008, a déjà découvert «plus de 10 milliards de dépenses engagées et non mandatées». En termes plus clairs, le groupe a découvert une ardoise de plus de 10 milliards F Cfa que Pape Diop n’a pas pu payer avant la fin de son mandat et qu’il doit à plusieurs fournisseurs et/ou entreprises. Cette somme devrait être reportée dans les prévisions du budget de 2009. Car, les documents prouvant que les services demandés ont été exécutés, ont été portés à l’attention du conseil de la mairie.

Nos sources n’ont pas manqué de préciser qu’aucune preuve de détournement de fonds ou d’objectif n’a encore été apportée. Ce sont des dépenses d’investissements et des dépenses de fonctionnement. En clair, des services que des entreprises ont rendus à la mairie de Dakar, et qui n’ont pas été payés. On nous signale, d’ailleurs, que des factures du groupe Futurs Médias font partie de cette ardoise. La mairie a commandé des services et adressé au percepteur du Trésor public des engagements. Mais, c’est au niveau du Trésor, que l’argent n’a pas été décaissé, signalent des sources, au fait de l’affaire. Car, poursuit-on, à la fin de chaque budget, en accord avec la Perception, la mairie et le Trésor font tout pour verser ces dettes dans le budget suivant. Les vérifications sont loin d’être terminées. La seule constante est que la somme est énorme et qu’elle va dépasser les 10 milliards, à la fin de l’évaluation.



Ce n’est pas une situation alarmante

Faute de pouvoir interpeller directement le maire sortant sur cette ardoise, on a saisi son directeur de Cabinet. M. Seydina Omar Touré est formel. «Ce n’est pas une situation alarmante». Il explique que c’est de l’ensemble des «dépenses enrôlées, dont les crédits sont bloqués». Il ajoute que «l’opportunité de payement de ces crédits n’appartient pas au maire. C’est le percepteur qui paie. Et ce dernier est alimenté par le Trésor». Et s’il n’y a pas d’argent liquide au Trésor, le client est «obligé d’attendre». Il précise aussi que cet argent concerne les investissements en termes d’éclairage public, de voierie etc. Mieux, les fournisseurs sont identifiables de même que leurs numéros de compte.



L’œil de l’expert sur l’engagement et le mandatement


Ibrahima Dème, expert en décentralisation et en développement locale, nous a expliqué, ce qui s’est passé à la mairie de Dakar. Joint hier au téléphone, il a affirmé que ces termes sont utilisés dans le cadre de l’exécution du budget de la mairie. Et que c’est après autorisation de dépenses que le maire effectue un engagement. «C’est par un contrat ou un bordereau de réception qu’il effectue cet engagement. Tout dépend de la nature de l’engagement, il peut s’agir d’un service, ou d’une marchandise», affirme-t-il. Avant d’ajouter que c’est après l’engagement que vient le mandatement. Mais là aussi, c’est la procédure qui permet d’arriver au niveau du payeur. Des formulaires sont enregistrés pour permettre le transfert de la dépense du maire au payeur. Et c’est ce payeur qui permet la liquidation des mandatements. «Tout dépend de l’argent dont il dispose. Donc, c’est le maire qui est le seul responsable des dépenses et crédits. Car sans lui, le processus ne peut pas avoir lieu», conclut-il.

Latir Mane
Source L'Observateur

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